2008 : Otto; or, Up with Dead People

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Otto; or, Up with Dead People

Film germano-canadien de Bruce La Bruce avec le beau Jey Crisfar en sexy zombie, la porno star Marcel Schlutt, l’écrivain-artiste-acteur Christophe Chemin et Susanne Sachsse.
Réalisé en 2010

Durée : 63 minutes

Résumé :

Otto est un jeune zombie paumé. Ne se souvenant de rien, il erre dans Berlin jusqu’à un parc d’attractions où il trouve refuge. Il ne dort pas. Après avoir été confronté à la fois au fantasme de certains vivants pour les zombies et à la « zombiphobie », il rencontre Medea Yarn, cinéaste lesbienne underground qui prépare un film politico-érotico-porno sur les zombies. Au milieu des acteurs qui doivent jouer ces rôles, elle engage Otto et le fait héberger par Fritz Fritze, la vedette de ce projet. Ils nouent une relation amicale. Mais la découverte d’une photo va faire resurgir la mémoire fragmentaire du temps où il était vivant…

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Notre avis :

Connaissant « Hustler White » de Bruce La Bruce, fans de film d’horreur, c’est avec enthousiasme que je sommes allés voir son nouvel opus « Otto; or, Up with Dead People ». Et le résultat est plutôt mitigé, si j’ai trouvé certains passages originaux, et le propos très intéressant, je reste assez hermétique à ce style de cinéma d’avant-garde, notamment les passages avec une musique « moderne » mélangeant sons citadins et musique électronique, que j’ai trouvée surtout … stridente.

Coté réalisation, il y a de vrai moment intéressant, le mélange noir et blanc/couleur, qualité HD et 8 mm et particulièrement les apparitions de Hella la petite-amie transsexuelle de la réalisatrice Medea. Elle est en fait coincé dans un film muet des années 30, accompagnée d’un piano, et chaque fois qu’elle apparait est suivi d’un éclat de rire dans la salle. Les passages plutôt porno mélangeant orgie et cannibalisme font leurs effets: plutôt dérangeant …

Les propos du film sont très clairement inspirés des films de zombies de George Romero qui dénonce à chaque opus l’effet de la société de consommation sur notre moderne, les zombies en étant l’incarnation ultime: ils se déplacent tous de la même façon, avec un même régime alimentaire, sans aucune volonté. La réalisatrice Medea tiens d’ailleurs un discours très révolutionnaire, anticapitaliste, pro-environnemental tout au long du film. Comme l’avouait d’ailleurs le réalisateur hier, si Otto représente un rappel de son adolescence, Medea correspond plus à sa vision actuelle du monde. Mais surtout, Bruce La Bruce ajoute une dimension homosexuelle à cette attaque en règle de la société de consommation : d’une part en dénonçant la violence et l’homophobie subit par les gays, d’autre part en s’adressant directement à la communauté pour lui rappeler d’éviter le piège du conformisme, tendance prédominante aujourd’hui. Il rappelait d’ailleurs également hier que les mecs déambulant dans les backrooms n’étaient pas très éloignés de ses zombies …

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Le réalisateur Bruce La Bruce au Grand Rex, au Festival de films gays & lesbiens de Paris

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  1. je viens d’acheter le dvd….J’ai un peu peur quand même :). Je viens aussi de découvrir votre site….quelle belle idée. moi qui ne lis pas de sf…vous allez finir par me convaincre !!

    • Kriss

      disons que ce n’est pas un film qui peur, mais appartenant à un genre « cinéma d’auteur » parfois un peu hermétique … dites-nous ce que vous en avez pensé après l’avoir vu, merci !

    • Kriss

      je viens de faire un tour sur votre blog, merci pour le lien !!
      au vu de vos lectures, je vous conseillerais de commencer par un excursion dans le fantastique français de Francis Berthelot : sa comédie humaine, ou ses œuvres plus SF, notamment l’excellent Rivage des Intouchables .

      Bonne lecture !!

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